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Intense moment d'émotion ...théâtral

21.11.2013 . Le 21 novembre, la Compagnie 343 a relevé le défi d’interpréter la pièce de théâtre « 12 hommes en colère » dans la salle C du Nouveau Palais de Justice

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La pièce écrite en 1953 par Reginald Rose a été transformée en chef d’oeuvre au cinéma par Sidney Lumet.
Pendant 1h40, 12 acteurs magnifiques nous ont fait partager leurs certitudes, leurs interrogations, leurs doutes ;
On connaît la trame : à l’issue d’un procès d’Assises, le jury de 12 personnes se retire pour délibérer sur la culpabilité d’un adolescent de 16 ans, accusé d’avoir poignardé son père ; si les jurés le déclarent coupable à l’unanimité, ils l’enverront sur la chaise électrique ;

Même si la peine de mort a été abolie en France depuis plus de 30 ans, cette pièce miroir se révèle d’une actualité sidérante au regard de l’état de notre Société actuelle : le repli sur soi, l’égoïsme, le rejet de l’autre ne sont ils pas des thèmes que l’on retrouve à longueur de quotidiens ? mais aussi le sursaut, la réflexion, le doute… et plus encore, l’espoir en la nature humaine ;

La pièce est brillante, on le savait ; mais l’habile mise en scène de Carine Lefort a rajouté à l’excellence du texte. Son casting d’abord :  elle transforme 12 hommes en colère en 7 hommes et 5 femmes en colère et le fameux juré n° 8, celui qui est le premier à voter « non coupable » est une femme (et quelle femme…) ; il fallait y penser ; seule contre les 11 autres jurés, elle subit leur colère d’abord, mais, au fur et à mesure de l’avancement de la pièce, elle va distiller l’idée selon laquelle il existe un doute légitime et des incohérences dans l’accusation qui interdisent l’envoi d’un jeune garçon à la mort sans qu’au moins il y ait une réflexion entre eux ;

Carine Lefort a su par ailleurs occuper l’espace de la salle d’audience avec une parfaite maestria ce qui n’était pas d’emblée aisé en venant de l’univers du théâtre. L’éclairage brut a même rajouté une touche de réalisme ; la salle C devenue, l’espace d’un moment, un huis-clos étouffant….

Et le public dans tout cela ? sans doute plus habitué à des salles de théâtre qu’à des salles d’audience, le public a fait corps avec les 12 acteurs, en retenant son souffle jusqu’à la dernière minute et lorsque le juré n°3 aprononcé le fameux « non coupable », l’émotion a alors été à son comble ; tonnerre d’applaudissements mérités…

Un grand moment de théâtre donc qui prouve, une fois de plus, que l’on peut apporter dans un lieu où l’on ne s’y attend pas forcément, un Palais de Justice, une once de culture et d’humanité.